Le handicap ne doit pas être un frein à la conduite

Le handicap ne doit pas être un frein à la conduite

La formation à la conduite n’est pas uniquement destinée aux personnes valides, mais elle est également accessible aux personnes en situation de handicap.

Les personnes souffrant de handicap physique peuvent aujourd’hui bénéficier d’un véhicule spécifique pour faciliter leur apprentissage. Ce service est proposé notamment par l’auto-école du Cap-Horn à Quimper, gérée par Jacques Cadiou. Il met à disposition des personnes à mobilité réduite une formation particulière et des dispositifs pratiques tels qu’un véhicule aménagé. Seule condition : les candidats doivent avoir au moins une jambe valide.

Voiture aménagée

La voiture aménagée est réservée aux personnes à mobilité réduite qui souhaitent apprendre la conduite. Elle est équipée d’une boite automatique et d’un système de pédale qui s’adapte à n’importe quel pied.

Pour les autres types de handicaps, « la seule solution est d’équiper sa voiture à ses propres frais et d’y aménager un système de doubles commandes », précise Jacques Cadiou. Les personnes qui ont perdu l’usage de leurs jambes peuvent accéder à d’autres dispositifs, mais ces aménagements sont assez coûteux. À l’exemple du cercle d’accélération installé sur le volant et une manette pour le frein qui coûtent dans les 2 700 € ; le « combiné tirer pousser », une manette qu’on pousse pour accélérer ou freiner revient à 2000 €. D’autres systèmes sont disponibles comme l’installation d’une boule au volant et d’un boitier pour actionner les clignotants.

Une rééducation avant la formation

À l’instar de ces moniteurs qui proposent des formations aux invalides, Jacques Cadiou évalue d’abord les candidats. Pour ce faire, il les adresse à un centre de rééducation, en l’occurrence Kerpape à Ploemeur (56) où un ergothérapeute va examiner la personne pour vérifier son niveau d’aptitude à la conduite. Le candidat devra ensuite attendre 3 à 4 mois avant de passer devant la commission médicale à la préfecture.

En ce qui concerne les personnes qui ont déjà le permis, mais qui se retrouvent invalides à la suite d’un accident ou d’une maladie, une simple mise au point suffit. Le candidat devra suivre quelques leçons de conduite avant de repasser devant l’inspecteur ; il vérifiera si l’adaptation du véhicule convient bien au handicap.

« Beaucoup de gens se refusent à conduire après un AVC. Cela leur permet pourtant un retour à l’autonomie. Ils adoptent une conduite beaucoup moins dangereuse, car ils sont obligés de prendre leur temps pour les manœuvres ou parce qu’ils ont peur de mal faire. Ils n’ont pas de conduite accidentogène. Ils font attention », témoigne Jacques Cadiou.

 

Formation de conduite pour les autistes

La durée de formation dépend de la nature du handicap. Pour les personnes ayant des déficiences cognitives ou des troubles autistiques, il faut avoir « beaucoup de patience et parfois savoir être ferme pour que ça avance. », précise Jacques Cadiou. « J’instaure une relation, j’essaye d’avoir une communication. Je suis parfois le seul à parler. »

« Il faut travailler avec le soutien des familles. Le volume d’heures est toujours important. La base, c’est la répétition », a-t-il confié. Le moniteur encourage en ce sens la conduite accompagnée et lance un appel aux parents pour ne pas cacher la maladie de leur enfant. C’est ce qui va lui permettre de « comprendre pourquoi ça n’avance pas ».

Jacques Cadiou conclut avec la réussite « d’un jeune Quimpérois de 21 ans qui a eu son code du premier coup et son permis au 2e passage. Il a fait un an de conduite accompagnée. Sans l’aide de sa famille, cela aurait été beaucoup plus compliqué ».

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